LRDPI

LA RECHERCHE DU PARTI IMAGINAIRE

D’où nous viennent les idées ? Peut-on, à rebours, remonter le fil du temps et trouver l’instant où celle-ci a jailli ? Il me disait hier : « Nous ne savons pas, et il faut en prendre son parti. ».

Mais pour un même parti, nous avons trois narrations, toutes attestées par des documents divers. Le regard du chercheur est tenté de se laisser séduire par cette matérialité documentaire. Joie ! Face à la preuve il ne lui reste qu’à raconter l’histoire du Parti Imaginaire. Il assemble, décrit, analyse, et produit une thèse claire et argumentée.

Pourtant la tâche qui lui incombe n’est pas si simple. Que faire quand les preuves se contredisent et tissent des histoires parallèles ? Le critique avisé lui répond que c’est justement là le cœur de son travail. L’histoire n’est jamais un simple conglomérat de faits pris au hasard que l’on fait chanter ensemble. L’histoire est une chose sérieuse. La parole de l’historien est une parole réfléchie, à sa charge de démêler le vrai du faux et d’en tirer un chant qui soit au diapason du réel.

Mais là encore il faut lui répondre que lorsque l’on veut faire l’histoire du Parti Imaginaire, la vérité est un concept embêté. Et l’historien se mue en philosophe, il s’interroge sans donner de réponse, le réel n’est-il pas toujours construit ? Car en partant à la recherche du Parti Imaginaire on sait à quoi s’attendre. Cela suppose de s’aventurer sur le terrain sableux de le fiction. Elle nous invite à laisser de côté la pensée rationnelle pour entreprendre une quête à l’objet incertain.

Historien, philosophe, nous lui disons qu’il peut aussi bien se faire écrivain. Celui-ci n’est-il pas le mieux placé, lui qui tisse des matières brumeuses en longs textes équivoques ? Il lui suffit alors, sans plus se soucier de méthode ni de concept de se mouvoir avec agilité entre ces fictions de réels qu’il doit nous raconter.

J’en vois qui réagissent. Quoi, l’écrivain nous raconter les faits ? Mais pouvons-nous seulement le croire ? Et qui est-il, ce sous-scientifique qui butine à chaque fleur les motifs qui lui plaisent ? C’est qu’il y a là des lecteurs réfléchis. La question inquiète en haut lieu nous le lui avons dit. Il nous répond que la littérature est une science humaine comme toutes les autres. Une science dont l’objet même est de nouer des nœuds entre les mondes. Une science qui modélise, simule (stimule ?), qui entremêle le réel et la fiction et parfois nous dévoile une vérité.

Une question reste en suspend. Cette vérité qu’il nous tend, existait-elle avant lui ? Il rebouche son stylo, nous regarde dans les yeux et dit simplement, cela importe-t-il vraiment ? L’imaginaire est un devenir qui a besoin d’un support. Le livre est le sien matériel. Nos esprit en seront le collectif.  

Il marque un point. Il connaît son sujet. C’est que ce projet lui tient à cœur, voilà plusieurs années qu’il le murit dans un coin de page. Il lit, il se documente. Alors reprenons ses sources et délions les récits.

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